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Charlemagne et la naissance de la maison de Savoie

Episode VII

En octobre 732, Charles Martel, roi des Francs, arrête et repousse les musulmans de l’émir Abd al-Rhaman venus de la péninsule Ibérique (qui était une importante dépendance des Wisigoths) lors de la bataille de Poitiers. L’empereur Charlemagne, ou Charles Ier dit « Le Grand », petit fils de Charles Martel, naît en 742. Il combat les musulmans d’Al-Andalus (ensemble des territoires de la péninsule ibérique et certains du sud de la France) et lors de la bataille du col de Roncevaux, le 15 août 778, plusieurs personnalités du royaume dont Roland, chevalier et neveu de Charlemagne, sont tués.

En 799, Charlemagne est rejoint par le pape Léon III qui lui demande de venir à Rome pour imposer l’ordre catholique. Le 25 décembre 800, lors de la messe de minuit célébrée dans la basilique St-Pierre, et d’après les annales des rois Francs, Charlemagne s’agenouilla devant la tombe de l’apôtre Pierre au moment où la 3ème messe touchait à sa fin. Le pape Léon III lui plaça alors une couronne sur la tête et l’acclama devant les personnalités rassemblées dans la basilique, en répétant 3 fois la formule de couronnement : « Vie et victoire à Charles Auguste couronné par Dieu, grand et pacifique Empereur des Romains ». Ensuite, comme preuve de ce qu’il disait, le pape se prosterna à ses pieds, tête baissée et bras écartés, geste qui ne devait se faire que devant l’empereur de Constantinople. Il annonçait ainsi urbi et orbi que l’Occident venait de retrouver un empereur en la personne de Charlemagne. L’Europe retrouva ainsi un Empire chrétien en Occident. La cité des hommes préfigurait la cité de Dieu, un empire de plus de 30’000 kilomètres carrés. Malgré ce que dit la légende – et la chanson de France Gall – Charlemagne n’aurait pas créé l’école, mais des lieux d’apprentissage pour former les futurs dirigeants de son empire. L’éducation (école) daterait, elle, de l’antiquité.

Charlemagne meurt le 28 janvier 814 d’une pneumonie à Aix-la-Chapelle et sera canonisé en 1165 par l’anti-pape Pascal III, sur demande de l’empereur Frédéric 1er Barberousse. Son Empire Carolingien ne lui survivra pas longtemps, celui-ci étant partagé en 843 entre trois de ses petits-fils, lors du traité de Verdun.

Les Seigneurs de Rüe sont vassaux du Comté de Genève (qui désigne une principauté (principatus), improprement appelée comté de Genevois), qui eux-mêmes sont vassaux des Comtes de Savoie, qui, eux, sont vassaux du Roi de Haute-Bourgogne. Ce dernier est vassal du Saint Empire Romain Germanique.

En 888, Rodolphe Ier, lointain descendant de Charlemagne, est sacré roi de Bourgogne à Saint-Maurice. Son père est d’origine bavaroise. Le royaume de Bourgogne est alors couplé au comté de Provence et s’étend d’Arles à Besançon en passant par Lyon, de Bâle à Nice en passant par Aoste. C’est l’un des vastes royaumes existant en l’an mil. La Bourgogne est entourée par le royaume de France, le duché de Souabe et le royaume de Lombardie.

Le roi Rodolphe II, fils de Rodolphe Ier, épouse Berthe de Souabe, la célèbre Reine Berthe. Ils ont un fils, Conrad III, qui épousera Mathilde, fille du Roi de France Louis IV d’Outremer. De cette union naît Rodolphe III. C’est ce roi de Bourgogne qui nous réunit car il épouse, en deuxièmes noces, Ermengarde, veuve du comte de Provence et sœur d’Humbert, comte de Savoie. Rodolphe III et Ermengarde n’auront pas de descendance. Celle-ci lègue ses terres royales et tout ce qu’elles contiennent à l’Église et bien vite, celles-ci passent aux mains du comte Humbert de Savoie, à l’origine de la dynastie des Humbertiens, connus plus tard comme comtes de Savoie. Ainsi débute la Maison de Savoie, sous laquelle Rüe va vivre durant de longues années.

Roger Perriard