Nos paroisses
de l’église à la clé des champs
Notre commune compte trois paroisses. Le Pavé s’intéressait à leur fonctionnement général et consacrait une partie de ses lignes à celle de Rue, avec son projet de rénovation de l’église St-Nicolas. Cette 13ème édition met sous la loupe la paroisse de Chapelle-Gillarens.
La paroisse « Notre-Dame des Champs » de Chapelle-Gillarens est représentée par un Conseil de paroisse de 5 membres. Sylvain Périsset, président, la présente : « Nous comptons environ 270 paroissiens et nous sommes une des plus petites du diocèse (ndlr : regroupement territorial placée sous l’autorité d’un évêque) ». Sylvain Périsset et ses collègues Nicole Tâche, Pierre Baudois, Jean-Baptiste Heinzer et Alexandre Chenaux siègent une fois par mois.
Il y a cent ans, les paroisses de Chapelle-Gillarens et Promasens étaient réunies. En 1928, chacune a pris son indépendance. Notre-Dame des Champs ayant pris la clef des champs, elle a agrandi sa chapelle pour la transformer en église et, l’année suivante, a fondé son chœur mixte paroissial. Sylvain Périsset complète : « Le chœur mixte est toujours là, très dynamique. Il y a une trentaine de membres, dont un bon groupe de jeunes. C’est une chance pour l’animation des messes. ». Sur cette lancée, la paroisse fêtera son siècle d’existence en 2028, suivie de près par le chœur mixte.
La fidélité comme marque de fabrique
Si la jeunesse de son Conseil distingue la paroisse de Rue, la fidélité caractérise celle de Chapelle-Gillarens. En réponse à la demande sur ses années de présidence, Sylvain plaisante : « Longtemps ! » Apparemment, ici, quand on s’engage c’est pour du long terme. Sylvain explique : « Depuis 1974, nous n’avons eu que trois présidents. Fernand Crausaz a tenu son mandat durant 22 ans, Claude Gremaud pendant 14 ans et j’y suis depuis 15 ans. Depuis la fondation, seulement neuf présidents se sont succédé. Pour le chœur mixte, c’est similaire, il n’y a eu que deux directeurs depuis 1979. Chez nous, c’est notre créneau : on s’engage pour longtemps ! »
Les bâtiments : travaux de longue haleine
La paroisse possède l’église sur la colline qui domine tout le village. Sylvain explique : « Fernand Crausaz, durant son mandat, a orchestré sa rénovation en 1985. Quelques années après, un nouvel orgue a été commandé. Marcel Dorthe, artiste de Rue, a conçu les vitraux en 1999. » En parallèle, la cure – ancien logement du curé se trouvant à côté de l’église –, a été réhabilitée et transformée en deux appartements locatifs.
Lors de La législature suivante, présidée par Claude Gremaud, la paroisse était à la recherche d’une salle de séance et d’un salon mortuaire. Sylvain explique : « On a alors créé la salle Sainte-Thérèse. C’était le bûcher de la cure avant de devenir ce joli local. » Sylvain se rappelle : « Quand on était jeune, c’était le travail des écoliers. Avant l’hiver, on devait monter le bois au galetas pour Monsieur l’Abbé. Et puis, tous les matins, nous devions aller servir la messe avant l’école ! »
Claude Gremaud a aussi été un fondateur de l’unité pastorale intercantonale Saint-Pierre les Roches, regroupement des trois paroisses de notre commune et Ursy, avec leurs homologues catholiques d’Oron, Moudon et Lucens. Puis, Sylvain Périsset a repris le flambeau.
La Clé des Champs
Ce n’est pas un hasard si la rencontre avec Sylvain Périsset se fait dans cette jolie cabane, à l’orée des champs, entre Chapelle et Oron. Ce refuge appartient à la paroisse et sa valorisation est le dernier projet en date de son Conseil.
Chapelle-Gillarens avait un club de football et un terrain de jeu, sans vestiaire ni abri. En 1982, les sportifs découvrent la vente d’une cabane montée pour l’exposition nationale de 1964. Ni une, ni deux, le FC Chapelle l’achète et se mobilise pour la démonter et remonter à côté de son terrain. Sylvain, également ancien footballeur, se souvient : « Une fois construite, on s’est dit que c’était dommage de faire des vestiaires dedans. Alors on les a construits à côté et on a gardé la cabane en buvette. » Les clubs de Chapelle et Promasens se sont ensuite regroupés et comptaient trop d’infrastructures à entretenir. La Paroisse étant déjà propriétaire de la zone du terrain, en 2001, elle propose le rachat de la cabane à l’union footballistique. Elle la garde ainsi pour les locations jusqu’en 2017. Ensuite, la nécessité de lui donner un coup de fraîcheur s’est fait sentir. Sylvain détaille : « On voulait juste refaire le toit. Une fois que tout était démonté, on s’est aperçu que c’était absurde de ne pas tout faire en même temps. » L’équipe de Sylvain s’est donné deux ans pour la rénovation complète. Grâce au travail de nombreux bénévoles et à l’aide de professionnels ou entreprises de la région, le résultat a dépassé leur espérance. « C’est la magie de nos villages, les gens viennent aider. Le bouche à oreille se fait, les gens se mobilisent. Nous avons ainsi pu installer une cuisine agencée, des accès adaptés aux handicaps. On a tout fait nous-même grâce à une équipe formidable. C’est probablement notre Dame des Champs qui nous aide et nous protège alors, on l’a appelée la cabane « La Clé des Champs ».
Aujourd’hui, l’ancien terrain de football est réservé à un club canin durant les jours de semaine. La cabane peut être louée pour toutes réunions privées. En plus de ses fonctions à la présidence, Sylvain Périsset gère les locations et veille à l’entretien du refuge. Il est régulièrement au charbon « Elle est très demandée le week-end, c’est du travail mais ça me fait plaisir de le faire. Cela ne fait pas partie du travail de président, je le fais à côté. Ma femme dit que cette cabane est ma résidence principale. C’est vrai que, selon les périodes, je suis plus ici ou à l’église qu’à la maison. »
Avec son « évasion » à la Clé des Champs, la paroisse de Chapelle-Gillarens a trouvé un refuge où elle se sent bien, au point d’y poser ses valises. Notre Dame des Champs la protège mais a aussi rassemblé ses gens, tissé des liens et encouragé entraide et solidarité autour de ses projets ou bâtiments. De solides constructions matérielles et immatérielles qui subsisteront longtemps.
Sophie Bosson